OCTOBRE ROSE - Portraits de nos "combattantes"
Description: Vernissage de l'exposition "témoignages" 𝐥𝐞 𝐥𝐮𝐧𝐝𝐢 𝟏𝟐 𝐨𝐜𝐭𝐨𝐛𝐫𝐞 𝐚̀ 𝟏𝟖 𝐡𝐞𝐮𝐫𝐞𝐬 à la Bibliothèque de Celles, 14 rue Parfait
Escanaffloise, Laetitia (43 ans) est le premier des cinqs portraits à se dévoiler. Découvrez son récit en intégralité.
"Mon dépistage date de janvier 2024. Il est négatif. Plus tard dans l’année, je suis sujette à des malaises vagaux sur mon lieu de travail et en vacances. Je mets ça sur le compte de la fatigue. Je bosse mais me sens réellement épuisée. Le 10 septembre, je contacte mon médecin parce que je sens une grosseur en palpant mon sein. Je passe une mammographie et une échographie. Quand il me regarde, je vois que les nouvelles sont mauvaises. Je donne la main à mon mari mais je comprends. Le comportement du corps médical en dit long.
Je décide de me faire soigner à Renaix. Sur place, je croise des femmes marquées par le traitement mais toujours souriantes. Le spécialiste me dit : « la masse sur votre sein, c’est une tumeur. » Mon corps se raidit, je n’entends plus rien. J’essaye de parler mais les mots ne viennent pas. Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? Que des questions sans réponses… et de la colère. La seule question qui me vient : « est-ce que je vais mourir ? » La médecin me répond : « on va tout faire pour vous guérir. » J’ai un cancer du sein très agressif. En sortant de la clinique, je me sens déjà différente. Mon mari me dit : « Laeti, tu vas y arriver. On va y arriver. »
Le 3 octobre, je commence mon traitement. Je m’en vais avec le sourire, je reviens avec le sourire. Le lendemain, je suis clouée au lit. Le premier protocole se termine juste avant Noël. Le second commence en janvier 2025. Il est moins long mais plus lourd que le premier. Je ne marche presque plus, je ne sais plus rien avaler. Je dépends de tout le monde. Trois semaines après le début du second traitement, je veux tout arrêter. « Je n’y arriverai pas », me dis-je. Quelques secondes plus tard, j’entends la voix de mon petit bout de 6 ans, c’est un déclic. Je refuse de baisser les bras, pour eux. Les effets secondaires sont pourtant horribles. J’ai l’impression d’être écrasée par un camion.
Le 14 février, la chimiothérapie se termine. Place à l’immunothérapie. L’ablation de mon sein a lieu le 10 mars. Dans le reflet du miroir, je me vois comme un monstre. Je n’ai plus de cheveux et une cicatrice sur le thorax. Je fais le choix de ne pas faire de chirurgie reconstructrice par peur d’une récidive. Je décline aussi la prothèse. « 50% de ta guérison, c’est ton sourire », me disent les soignants. Je l’ai toujours gardé. Aujourd’hui, ces épreuves sont derrière moi. J’apprends à revivre mais je ne serai plus jamais la Laetitia d’avant. Il y a des jours gris et des jours arc-en-ciel. Je me vois progresser, mais mon corps me freine encore. Ma force, ce sont mes enfants et mon mari. On a tenu cette promesse ensemble..."
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